Parents-famille-proches

S’il est difficile d’être parents, il est encore plus difficile d’être parent d’athlète, a fortiori si le projet sportif s’inscrit dans une perspective de bon ou de très haut niveau.



Problématique

Le problème vient du fait que tous les parents croient bien faire en soutenant le projet sportif de leur enfant. Bien sûr, aucun parent ne veut le « mal » pour son enfant. Oui, mais l’attitude adéquate, efficace, et sur du long terme, nécessite un dosage fin, subtil mêlant soutien, respect du projet personnel, cadre éducatif. Ce qui est très difficile à distiller, proposer et maintenir. La nuance entre trop de soutien et pas assez est plus que délicate. Mais elle est essentielle à trouver, à appliquer.

La plupart du temps, les parents n’ont que peu de connaissances sur le sport compétitif. Ils se limitent à ce que les médias en disent et s’arrêtent sur les contours superficiels des valeurs du sport, ignorant que celles-ci doivent être découvertes, apprises et qu’elles font l’objet d’une lente métamorphose du fonctionnement cognitif et affectif de leur adolescent. Ils n’appréhendent pas que celles-ci prennent du temps pour être intégrées par leur adolescent. Ils disposent d’une vue limitée sur le temps d’acquisition nécessaire pour que la mue ne s’enclenche. Très souvent aussi, les parents exigent que leur adolescent pratiquant un sport de compétition devienne en quelques semaines (ou mois) un adulte raisonnable, motivé, calme, contrôlé, combattif, résistant aux frustrations ; un athlète « idéal » en soi en perdant de vue que leur jeune est en pleine phase d’adolescence.

Formation des encadrants

Dans certains cas, les parents, reconnaissant leurs limites dans le sport compétitif, délèguent leur pouvoir à l’entraîneur sous prétexte que lui, sait (« on fait confiance à l’entraîneur »). Le problème est que c’est peu souvent le cas. L’entraîneur connaît sans doute son sport (techniques, tactiques) mais son bagage en compétence psychologique est souvent déficitaire et ce par un manque de formation.

Ceci met l’accent sur l’importance de la réelle formation aux larges et nombreuses dimensions psychologiques profondément inclues dans la pratique sportive. Nous en reparlerons car la mauvaise gestion relationnelle entre un jeune athlète et son entraîneur, un des causes principales d’abandon, est la plus souvent invoquée.

Les parents sont les premiers entraîneurs car ils sont les éducateurs en première ligne, ce sont très souvent eux qui ont initiés leur enfant à la pratique sportive.

A retenir

La formation des entraîneurs et des parents à la psychologie du sport est un aspect essentiel dans la carrière sportive d'un adolescent.

Un équilibre délicat

Dans la pratique clinique, on observe que très souvent un parent (ou les deux) va s’investir en s’identifiant dans la pratique sportive de son enfant (« si j’avais eu sa chance », « si j’étais à sa place », « on fait beaucoup de sacrifices pour toi »). La situation est effectivement délicate à gérer car ils vont assumer divers rôles : parents éducateur, sensibilisant à la dimension sportive, la gestion des études, la gestion de l’ensemble de la famille (les frères et sœurs), l’intendance sportive, le financement, voire la gestion émotionnelle et sentimentale. Ils devront être à la fois impliqué mais pas trop, ils devront toujours soutenir, aider (et non pousser) le projet sportif de l’athlète. Et la nuance entre ces deux termes est très complexe mais essentielle.

Ils devront veiller à ce que l’activité sportive choisie par l’enfant reste sa propriété et ne devienne pas la leur, à ce que la gratitude ne devienne une monnaie d’échange (« nous, on fait tout pour toi… ce qu’on te demande en échange ..ce sont des résultats » ou encore « on n’exige pas de résultats mais il doit tout faire à fond »).

Des propositions de conseils, de guidance vers les parents apporteront une aide précieuse pour tenter d’atteindre des objectifs élevés.

Contact

Pour plus d'informations, pour des renseignements ou pour tout autre chose, n'hésitez pas à prendre contact avec le professeur Godin.

Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education
Université Catholique de Louvain
Place du Cardinal Mercier, 10
B-1348 Louvain-la-Neuve

0497/53.75.55